- Article lu sur http://www.capacadie.com/chroniquedumonde/2007/10/19/Apres_lecotourisme_037.cfm
Il y a des mots qui s’implantent dans notre vocabulaire en arrivant au gré du vent avec la venue d’une nouvelle saison. Il y a de ces mots qui ont une durée de vie trop éphémère pour marquer nos vies, mais d’autres qui, à l’inverse, semblent être là pour instaurer un changement au niveau de nos habitudes de vie. Depuis plusieurs années nous entendons le mot « écotourisme » mais voilà que je vois de plus en plus souvent le terme « tourisme durable ». Examinons d’un peu plus près… Sans vouloir élaborer une définition trop complexe, on peut dire de l’écotourisme qu’il consiste à la pratique d’un tourisme écologique (en lien avec la nature et l’environnement) et ce, dans le plus grand des respects pour les écosystèmes. Il s’agit donc d’avoir de faibles empreintes sur son environnement lors de la pratique de ce genre de tourisme.
En extrapolant un peu je pourrais dire que mon voyage dans les Rocheuses cet été, alors que je pratiquais de la randonnée en haute altitude, comprenait des aspects d’écotourisme. Par contre, j’ai tout de même des sentiments partagés par rapport à ce voyage puisque pour s’y rendre il a fallu prendre l’avion qui émet énormément de CO2. De l’autre côté, je sais que notre groupe était conscientisé au respect de l’environnement. Par exemple, nos savons et shampoings étaient biodégradables, notre « douche plein air » était installée à une distance règlementaire de la source d’eau, nous avons ramené tous nos déchets, etc. Mais que faire de cette pollution une fois à bord de ce gigantesque oiseau émetteur de CO2 ? Il y a, justement, une nouvelle tendance qui se développe soit celle d’acheter des crédits de carbone suite à un voyage en avion afin d’avoir un bilan de carbone neutre.
En fait, pour reprendre une explication trouvée sur le site du Réseau de la veille en tourisme (voir lien au bas de cette chronique) : « La compensation volontaire de carbone peut s’appliquer à toutes les activités qui génèrent des gaz à effet de serre (GES). Il s’agit essentiellement de payer des frais supplémentaires pour acheter des crédits de carbone qui seront investis dans des projets de compensation. Pour respecter un bilan carbone neutre, la quantité de crédits de carbone achetée doit égaler la quantité d’émissions produites ».
Sachez que le principe s’applique également du côté des grandes industries qui achètent des crédits pour dit-on « avoir le droit de polluer ». En fait, les industries polluantes ont le droit de polluer un certain quota de GES (par rapport au taux fixé par le protocole de Kyoto). Si elles dépassent ce quota, elles doivent acheter des crédits de carbone afin d’avoir la « permission » d’émettre davantage de gaz à effet de serre. L’inverse est également possible dans le sens où des industries n’ayant pas toutes utilisées leur quota peuvent vendre leur crédit à d’autres. Le seul hic dans tout ceci, c’est que l’achat de crédit de carbone ne tend pas à réduire le nombre d’émissions de GES. Il faut donc que la population et les industries de même que les États adoptent des pratiquent visant à réduire leurs émissions de GES.
S’il y a une autre forme de tourisme durable ou plutôt d’écotourisme que j’ai pratiqué cet été, c’est bien le vélo-camping. Les Laurentides à vélo, je ne crois pas qu’il y ait rien de plus beau, surtout le long du sentier Le Petit Train du Nord. En deux jours et quelques poussières ce sont 227 km de vélo que Maturin et moi avons parcourus. Encore une fois, à vélo, l’impact sur l’environnement est plus que minime. Nous avons dormi, le long du parcours, dans des campings où nous avions pris le soin de réserver la veille en essayant d’estimer le nombre de kilomètres que nous allions parcourir par jour. Disons que j’ai trouvé la deuxième journée (celle où nous avons fait pratiquement 100 km de vélo) un peu longue ! Mais la dernière journée quel régal de défiler à toute allure alors qu’il ne restait que 45 km à franchir avant la ligne d’arrivée ! Encore là, même si nous transportions tout notre bagage i.e. notre tente, nos vêtements, notre nourriture, et que nous avons dormi dans des campings et que nous avons roulé à vélo durant 2 ½ jours ; nous n’avons pas été 100 % écolo puisqu’il a d’abord fallu faire la route depuis Ottawa jusqu’aux Laurentides. C’est à croire que malgré notre bonne volonté, c’est difficile d’en sortir gagnant !
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