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Balade en raquettes dans le parc naturel régional du Queyras

L’hiver joue les prolongations. C’est l’occasion de profiter une dernière fois des plaisirs de la neige. Dans le Queyras, Jean-Paul Blanc, accompagnateur en moyenne montagne, accueille débutants ou confirmés pour des balades en raquettes dans la vallée d’Arvieux. Et si le soleil paraît, c’est à pied qu’il vous fera découvrir sa région.


Jean-Paul Blanc est un enfant du pays. C’est ici qu’il est né et a grandi, au cœur de ce Queyras qu’il propose de découvrir en randonnant, été comme hiver. La neige étant encore au rendez-vous, c’est en raquettes que nous nous élançons vers les cimes encadrant la vallée d’Arvieux, au cœur du plus petit et du plus haut parc naturel régional de France.

Au fond de la vallée, le hameau de Villargaudin, notre point de départ, semble rétrécir, victime de quelque magicien farceur. Les argousiers épineux nous font une haie d’honneur. « Leurs fruits sont de petites baies très riches en vitamine C, dont on fait du sirop et des confitures, explique Jean-Paul qui n’omet aucune plante poussant sur notre chemin.

Une terre de traditions

Bientôt, la végétation basse laisse place à une forêt de mélèzes, le seul conifère qui perd ses aiguilles en hiver. Cet arbre emblématique de la région fait partie de son patrimoine. Son bois imputrescible est en effet utilisé depuis toujours pour se chauffer, mais également pour s’abriter et construire charpentes et toitures des chalets. C’est l’occasion de faire connaissance avec la tradition de l’affouage, un droit pour les habitants de prélever du bois dans la forêt. Après avoir été repérés et évalués en « charge » (une charge de mulet), les arbres sont répartis en lots tirés au sort entre les habitants. Chacun part ensuite couper son dû. « La forêt est très importante pour le pays, insiste Jean-Paul. Elle a toujours accompagné les habitants, pour la construction et le chauffage. S’il n’y avait pas eu de forêt, il n’y aurait peut-être personne ici. L’administration des eaux et forêts a été la première administration à s’occuper d’environnement, ajoute-t-il. Les arbres poussent très lentement ; les agents de l’ONF gèrent donc pour les générations futures. »

Le retour du grand prédateur

Le groupe de randonneurs domine maintenant tout à fait la vallée au fond de laquelle s’étire le Guil, tel un serpent majestueux. On distingue malgré le temps gris les fortifications de Château-Queyras réalisées par Vauban. Au loin, les sommets du Haut Queyras annoncent l’Italie.

Jean-Paul scrute les moindres empreintes maculant la neige. Les traces de lièvre variable (ou blanchon) qui a la particularité de passer du blanc en hiver au noir au printemps, renard ou  blaireau, ne sont pas rares. Mais aujourd’hui, point d’amis à quatre pattes à l’horizon. Pourtant, la région ne manque ni d’habitants à poils ni à plumes. Outre le chamois qui a toujours été présent ici, la région accueille depuis une trentaine d’années des chevreuils qui ont conquis aujourd’hui tout le territoire, des mouflons que l’on estime à plus de 200, et plus récemment des cerfs, des biches et des sangliers. On peut aussi y rencontrer l’aigle royal – huit couples nichent ici  en permanence.

Toute cette faune a évidemment attiré les prédateurs. Depuis une trentaine d’années, le loup a lui aussi fait son apparition dans la région. D’abord de passage, il s’est finalement installé. Au moins deux meutes de cinq ou six individus demeurent en permanence dans la région. Ce grand retour ne s’est pas fait sans appréhension des bergers. Il a fallu s’adapter. Des chiens de protection – les patous – sont désormais chargés de surveiller les troupeaux. Des cabanes pastorales ont été construites et reliées par un réseau radio centralisé par le parc pour donner l’alerte en cas d’attaque. Des emplois jeunes ont été créés pour aider les bergers à déplacer les parcs à troupeaux.

Finalement, ce sont les chasseurs les plus mécontents ; non parce qu’ils ont peur de tomber sur le loup mais parce que le grand prédateur est autorisé, lui, à chasser toute l’année !

Contact : Jean-Paul Blanc : 04 92 46 74 44/06 20 08 11 51.

http://www.queyras-locations.fr/accompagnateur-arvieux.html

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