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Le tourisme de demain sera écologique ou ne sera pas. C'est en substance le message que les experts de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) ont émis lors de la 17e session de l'assemblée générale de l'OMT qui s'est déroulée du 23 au 29 novembre à Cartagena de Indias (Colombie). Le tourisme est victime de lui-même, victime des effets ravageurs des voyages de masse sur l'environnement. Il émet aujourd'hui 1,3 milliards de tonnes de gaz à effet de serre par an, soit 5% du total mondial. SI aucune mesure concrète n'est prise, la situation ne fera qu'empirer. Jugez plutôt : 846 millions de touristes ont sillonné la planète en 2006, l'OMT en prévoit 1,1 milliards en 2010 et 1,6 milliards à l'horizon 2020.
Il est urgent d'agir vite et intelligemment. Le Grenelle de l'Environnement a permis de faire avancer les choses, tant mieux. Mais il reste tant à faire. Commençons par arrêter de voir l'écologie comme une pratique essentiellement associative. Soutenons les projets touristiques qui créent de l'emploi et protègent l'environnement. Combien ont dû se résigner par manque de moyens ou de soutiens à devoir mettre la clé sous la porte ? Une péniche qui fonctionne à l'énergie solaire ou un camp de yourtes au coeur du Périgord, les exemples ne manquent pas...
Comme le souligne Céline Arnal dans l'entretien de ce mois-ci, « il faut professionnaliser l'écologie ». D'autres pays – l'Italie, l'Australie et les pays scandinaves entre autres - l'ont fait et ont réussi leur révolution « verte » depuis longtemps. Même si les choses commencent à bouger dans notre pays, nous sommes encore à la traîne. Par le passé, la France a maintes fois été un exemple de progrès pour de nombreuses nations. Il doit en être de même aujourd'hui.
Il faut inciter les pays émergents comme l'Inde et la Chine à développer leur potentiel touristique de façon intelligente et durable. Ambika Soni, la ministre indienne du Tourisme, estime qu'il « serait injuste de nous faire payer le prix de pollution ». Sous-entendez par là : « Vous avez développé votre tourisme de façon inconsidérée, ce n’est pas à nous à payer en restreignant notre développement. Nous voulons aussi notre part du gâteau. » Quand la logique de croissance économique parle, la raison se tait. Et le tourisme, lui, se mord la queue.
Nicolas Bernard
Le tourisme fait, en effet, et en particulier, intégralement partie du problème du réchauffement climatique, au même titre que la production industrielle, l'agriculture ou le chauffage domestique. Votre revue doit contribuer à cette prise de conscience. Continuez sur cette voie.
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