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Revue de presse

Éviter le massacre

- Article lu sur http://www.lexpress.mu/display_news_dimanche.php?news_id=93563

La location de l’îlot Gabriel pour un projet touristique a fait couler beaucoup d’encre. Elle vient mettre sur le tapis le comportement de certains promoteurs qui ne respectent pas la faune et la flore de ces îlots qui regorgent de trésors naturels. Pourtant, quelques règles d’or simples devraient être observées pour préserver ces lieux à l’écosystème fragile…

La polémique, autour du projet touristique sur l’îlot Gabriel, prend chaque jour des proportions plus grandes. Elle a ramené sur le devant de la scène les agissements de certains promoteurs peu soucieux du respect de l’environnement. On l’a bien vu sur l’îlot Gabriel, les promoteurs auraient abattu « par erreur » des plantes endémiques avant de se confondre en excuses et d’offrir des garanties peu convaincantes face au tollé soulevé dans l’opinion publique.

Cet exemple démontre on ne peut mieux l’ignorance de certains promoteurs touristiques en matière de protection de l’environnement. Il est donc plus que jamais nécessaire de situer tant les responsabilités des promoteurs que des autorités concernées, dans l’élaboration d’un projet touristique intégrant l’aspect environnemental.

Sur ce plan, l’île-aux-Aigrettes est un bon exemple. Le nombre de plantes endémiques, dont une forêt de bois d’ébène qui s’étale sur 15 % des 26 hectares de l’île, a augmenté grâce au travail de la Mauritian Wildlife Foundation (MWF). C’est le dernier vestige d’une forêt côtière de basse altitude, jadis abondante à Maurice. Ceci a été rendu possible grâce à l’éradication manuelle des plantes envahissantes. L’Organisation non gouvernementale (ONG) y a mené parallèlement un programme de dissémination de plantes indigènes et a réintroduit des espèces endémiques sur l’île.

Aujourd’hui, l’île-aux-Aigrettes figure sur la carte de nombreux visiteurs et touristes. « Les revenus que nous percevons nous permettent de poursuivre le travail de conservation. Mais il reste encore beaucoup à faire », souligne-t-on à la MWF.

Pour de nombreux pays comme le Kenya, l’Équateur ou encore le Népal, l’écotourisme est un moyen de générer non seulement d’importants revenus, mais aussi d’assurer une protection plus efficace de leur patrimoine végétal et animal. Car l’Etat, comme souvent, ne dispose pas de l’argent nécessaire pour assurer à lui seul la protection et la conservation de ses réserves naturelles. Il s’associe donc à des ONG ou au secteur privé qui parviennent, avec une gestion draconienne, à développer une industrie écotouristique viable.

Ce modèle économique, qui a plus d’une fois fait ses preuves, a été appliqué avec un certain succès à Maurice : la vallée de Ferney, aujourd’hui ouverte aux visiteurs et l’île-aux- Aigrettes, citée plus haut, sont des modèles à suivre en matière d’écotourisme. Nous avons tenté d’identifier quelques pratiques auxquelles devrait se conformer tout promoteur désireux d’entreprendre un projet touristique respectueux de la nature.


 
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