- Article lu sur http://www.essor.gov.ml/jour/cgi-bin/view_article.pl?id=20315
En 5 ans le tourisme solidaire a permis à ce village de devenir le premier employeur du cercle de Bla
Les rideaux sont tombés hier, au Centre international de conférence de Bamako sur le 3è Forum international du tourisme solidaire (FITS). Une série de tables rondes ont meublé, mardi, la seconde journée de cette manifestation. Dans la salle Wâ Kamissoko, c’est l’expérience du village de Teriya bugu qui était à l’ordre du jour. Ce village de 500 habitants est situé dans le cercle de Bla, dans la région de Ségou (lire l’Essor + de vendredi dernier).
L’histoire a commencé au milieu des années 1960. Un missionnaire français, le père Bernard Verspieren se met au service du développement rural, à des milliers de kilomètres de sa terre natale. Tout est parti d’une amitié avec Lamine Samaké, le chef d’un campement de chasse au bord du Bani. Cette amitié a abouti à l’installation d’une ferme expérimentale entièrement financée par le généreux prêtre.
En 1993 il crée l’Association d’entraide et de développement rural (AEDR). Le 24 octobre 2003, Teriya bugu devient orphelin, après le décès de son fondateur. Auparavant, il avait fait don, par testament, de tous ses investissements infrastructurels aux habitants du village. Pour pérenniser l’œuvre du philanthrope, cette fois-ci par des activités permettant de soutenir le développement de la localité par ses propres moyens, l’AEDR, présidée par Mahamadou Ba, va initier le projet : tourisme solidaire et développement durable. Ce projet est un concours de circonstances, explique Yves Derville, président de l’Association des amis du père Bernard Verspieren (AAPBV), membre de droit de l’AEDR.
Cinq ans après sa création, le projet de Teriya bugu a été un bel exemple de réussite. Grâce aux fonds récoltés, le village a construit un hôtel de 25 chambres confortables, un restaurant moderne, une piscine au cœur d’un grand parc arboré, pour l’hébergement de ses hôtes. Aujourd’hui, Teriya bugu est un véritable centre d’attraction touristique. On y pratique beaucoup d’activités sportives. Le villa dispose d’un sentier arboretum et d’un lieu de balade ornithologique (partie de la zoologie qui étudie les oiseaux) et un musée. Teriya bugu propose des activités culturelles et d’écotourisme.
Le projet tourisme solidaire et développement local a donné des résultats probants, atteste Mahamadou Ba. Il a permis de créer 27 emplois supplémentaires, élargir les retombées économiques, renforcer des services sociaux, améliorer le niveau de compétence des travailleurs, participer aux réseaux socio-économiques territoriaux et, contribuer à la création du réseau de tourisme solidaire malien. Avec 65 travailleurs, Teriya bugu est le premier employeur du cercle de Bla. En plus des 500 habitants du village, 7000 personnes bénéficient indirectement des retombées touristiques.
L’AEDR a développé des activités touristiques en lien avec le territoire, en promouvant le patrimoine local avec une nouvelle offre touristique, a indiqué Mahamadou Ba. Il reste, selon lui, à capitaliser l’expérience du projet (tourisme, énergies renouvelables, éducation, santé, emploi, etc.), renforcer la communication et le marketing, multiplier les partenariats et diversifier les activités génératrices de revenus.
L’expérience de Teriya bugu est l’illustration parfaite du tourisme solidaire, juge Gilles Beville, le représentant du ministère français des Affaires étrangères et européennes au forum. L’objectif du tourisme solidaire visant principalement le développement local, on ne pouvait espérer mieux pour insuffler une dynamique de développement rural basé sur les produits du tourisme. Tourisme rural, tourisme responsable et écotourisme, tous concourent à l’épanouissement socio-économique des populations d’accueil.
La mise en place des infrastructures et la création de nouveaux produits sont essentielles à la participation de ces populations à des activités touristiques qui leur garantissent un développement durable. Mais cette démarche vers un autre tourisme ne peut se concrétiser sans l’implication effective des autorités locales et des États comme facilitateurs. D’où la tenue du présent forum, un cadre d’échanges d’expériences et de savoir-faire des acteurs. Le forum qui a donc fermé ses portes hier, s’est penché sur d’autres thèmes comme : « la démarche du développement durable dans les entreprises et les territoires », « coopération internationale et tourisme responsable, avec l’expérience de l’Association Karamba Touré en pays Mandé au Mali ».
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