C'est un baroudeur intrépide à l'enthousiasme débordant. Avec ses trois caméras, Antoine de Maximy filme le monde autrement en allant dormir chez l'habitant. En Afrique, en Asie ou en Europe, il s'affranchit des problèmes de langage pour montrer les pays sous un angle plus humain.
Une chemise rouge, trois caméras, un sourire et le monde est à lui. Dans l’émission « J’irai dormir chez vous » diffusée sur France 5 et Voyage, Antoine de Maximy parcourt les cinq continents à la rencontre des personnes, des ambiances et des coutumes. Durant quinze jours, il sillonne un pays avec un but précis : se faire inviter à dormir chez l’habitant pour partager son quotidien et apprendre à mieux le connaître.
Originaire de la région parisienne, Antoine est l’ainé d’une famille de quatre enfants. À 11 ans, il réalise son premier film avec sa famille. Élève moyen, il se fait renvoyer de l’école en classe de seconde. Un « BAC-2 » qui ne va pas l’empêcher de réussir ; il s’engage dans le service cinéma de l’armée. Sans diplôme mais avec toute son envie, il devient ingénieur du son. Au début des années 1980, il part à Beyrouth avec les Casques Bleus et participe à un documentaire sur les forces françaises engagées au Liban. Il se découvre un goût pour le voyage et l’aventure, dans des pays inconnus de préférence.
Fini l’armée, place au reportage de guerre. Pendant trois ans, il travaille pour la chaîne américaine CBS News ; il couvre la guerre au Liban et le conflit Iran-Irak. Plusieurs semaines passées dans les mêmes pays et toujours les mêmes décors. Il rêve d’évasion et se lance dans des expéditions scientifiques et des documentaires animaliers. Antoine parcourt la planète et réalise des reportages et des émissions pour la télévision.
En 2003, il imagine un nouveau concept : aller à la rencontre des habitants d’un pays en leur demandant de l’accueillir chez eux. Une idée saugrenue jusque dans sa conception. Il utilise trois caméras, l’une sur l’épaule qui filme son interlocuteur, une seconde déportée fixée à un bras articulée qui retransmet ses désillusions et enthousiasmes et une caméra au poing qui permet de visualiser la population et le paysage. Cet attirail technologique facilite le contact et permet de réaliser un premier tri chez les personnes rencontrées. Les timorés s’en vont, les extravertis viennent vers lui, intrigués. « Ils comprennent mieux pourquoi je suis là, ils se disent que je fais un truc marrant. D’un autre côté, ça me légitimise, et j’ai moins de mal à poser des questions car je sais que ça va être filmé. »
Caméra ou pas, ce globe-squatteur n’hésite pas à être ridicule ou bien à faire preuve d’autodérision : « C’est un jeu pour moi. Je m’adresse aux gens de manière amicale depuis toujours. Rencontrer l’inconnu, j’ai toujours aimé. Quand je rentre quelque part, une boulangerie ou autre, je glisse toujours un petit mot. » Cette facilité à aller vers l’autre et cette ouverture d’esprit, il l’a doit en grande partie à ses parents. Tous deux peintres, ils avaient l’habitude d’accueillir des visiteurs de passage qui, chacun à leur manière, racontaient leur histoire et montraient une « porte ouverte sur plus loin ». Aujourd’hui, c’est lui qui ouvre ces portes, à sa manière : « Je vais à la rencontre des personnes alors que les touristes vont à la rencontre des lieux. Ils te disent, c’est beau ou c’est pas beau mais ils ne savent pas qui sont les habitants, ils ne leur parlent pas. J’apporte peut-être moins d’argent dans le pays mais j’apporte plus d’humanité. »
D’une capitale mouvementée à la campagne reculée, le pays visité se décline au gré des récits que les gens font. La vie des uns et des autres se découvre depuis leur maison, leur famille, leurs loisirs ou leur métier. « Je veux montrer la réalité d’un pays et du monde de manière générale. Quand une situation est tendue ou qu’un homme m’agresse, je le mets aussi. » Lorsque Antoine s’invite chez une personne, il donne toujours quelque chose en retour, « seulement après avoir passé la nuit chez elle, précise t-il, pas avant. Je ne veux pas fausser le rapport que je cherche à créer ». Dans la plupart des cas, il offre des cadeaux utiles ou simplement une bonne bouteille de vin. Aux plus pauvres, il lui arrive de donner de l’argent. Chez tous, qu’ils soient riches, pauvres, asiatiques, africains ou européens, il leur donne une histoire, l’un de ses nombreux voyages qu’il aime tant raconter.
En 25 ans de carrière, Antoine a déjà parcouru 80 pays et a encore des idées plein la tête. Son prochain grand projet va le mener aux Etats-Unis pour un long-métrage intitulé « J’irai dormir à Hollywood ». À pied, à moto ou à cheval, il compte traverser le pays du rêve américain de la côte est à la côte ouest avec comme objectif d’aller dormir chez une star de Hollywood. Qui ? Il ne le sait pas encore et ne s’en préoccupe pas. L’essentiel est de montrer que malgré les distances et les barrières qui peuvent exister entre les êtres humains, les différences ne sont finalement pas si grandes. « À travers mon émission, j’essaie de prouver que l’on peut avoir confiance dans l’autre sans forcément le connaître depuis longtemps. Si, petit à petit, les gens s’ouvrent un peu plus, cela peut créer un effet boule de neige. » Après ce grand voyage outre-Atlantique, il ralentira son rythme de travail. Avec 25 épisodes tournés en moins de trois ans, il n’a pas eu le temps de se souffler. « Cette année, je ne travaillerai que pendant les vacances scolaires pour m’occuper de ma fille le reste du temps. Et à partir du mois d’octobre, je me reposerai pendant trois mois. » Cette fois-ci c’est sûr, il ira dormir chez lui.
Interview réalisée par l’équipe de Be-Noot. Antoine de Maximy nous parle de sa série télévisée ‘J’irai dormir chez vous’, de ses voyages autour du monde et des rencontres qu’il a pu y faire.
Dadoo
Posté le 4 septembre 2007 à 11:32Je suis un adepte de l’émission « J’irai dormir chez vous » et c’est avec impatience que j’attends les nouveaux épisodes à venir…
Merci Antoine de nous donner cette vision de l’Homme
fanfan
Posté le 15 septembre 2007 à 11:33Quelle légèreté dans la simplicité de l’échange. J’appelle ça l’intelligence du coeur. Pas de curiosité malsaine, bref, j’en redemande.
sylvie
Posté le 28 septembre 2007 à 11:33Antoine de Maximy, profite de la gentillesse de personnes très pauvres, et du coup lui, il devient très riche….Mais que donne t’il en échange ?? Les touristes qu’il n’aime pas ont l’avantage de faire travailler les hôtels et les restaurants…
Luc
Posté le 6 octobre 2007 à 11:33Les touristes engraissent les hôteliers et les restaurateurs déjà riches.Les touristes en général n’ont quasiment aucun contact avec la population locale.Ils n’ont la plupart du temps que des rapports commerciaux avec des professionnels du tourisme.
Hinda
Posté le 7 novembre 2007 à 11:34Merci Antoine,
J’adore votre émission. Je trouve que votre idée est superbe et que les gens sont merveilleux. Bravo, vous êtes un citoyen du monde et non un français. La terre appartient à l’homme quel qu’il soit !!!
leeloo
Posté le 31 janvier 2008 à 11:35sylvie
« Antoine de Maximy, profite de la gentillesse de personnes très pauvres, et du coup lui, il devient très riche….Mais que donne t’il en échange ?? Les touristes qu’il n’aime pas ont l’avantage de faire travailler les hôtels et les restaurants… »
Il y en a pour qui vraiment tout échange n’est que question d’argent. Maximy n’est pas Jean-Luc Delarue et il faudrait peut-être lire ce qu’il y a dans l’article ou regarder les émissions. L’échange est autre. C’est pas gagné pour tout le monde cette histoire d’écotourisme !!!
Bravo pour l’article !
Vainvain
Posté le 6 février 2008 à 11:36Cela fait un an et demi que je connais ce charmant monsieur et je dois dire qu’il est formidable avec un couer sur la main.
Je voudrais régir quand même sur les critiques qui y sont fait parcequ’elles ne se basent sur rien. Comme souvent d’ailleurs…
Il faut savoir que ce qu’il fait, la démarche en elle-même de rencontrer les gens, peu de fraçais oseraient le faire. Ensuite, s’il se fait inviter (chose qu’on voit) il sait aussi offrir: argent, cadeaux, alimentations, jouet, vins etc (choses que l’on ne voit pas).
D’ailleurs, je mets au défi ceux qui critiquent de trouver UN reportage où Antoine purement intéressé (au sens de profiter de l’autre). Vous n’en trouverez pas car ce n’est pas son caractère: oui il est franc et direct mais jamais vous ne le verrez insister face à quelqu’un qui est mal à l’aise.
Il ne faut pas non plus confondre « être prit au dépourvu » et « être mal à l’aise », deux choses qui sont fondamentalement différentes.
Enfin pour terminer, une chose qui me fait sourire:
« Passionné de cette émission, il est sur que ce n’est pas du tourisme équitable, mais, qu’est ce que j’aimerais faire un stage avec Antoine. Antoine, si tu me lis, contacte moi, je veux faire un stage hors du commun. »
Non! Tu imagines le nombre de personnes qui souhaitent le rencontrer? Bin imagine que ces gens-là attendent qu’Antoine les contacte….c’est tout bonnement infaisable. d’ailleurs, c’est pa sà lui de te contacter mais l’inverse. pourquoi te prendrait-il ? parceque tu lui as fait de slounages ici ? très léger ne trouves-tu pas? La meilleure chose à faire est de prendre contacte avec lui et de montrer ta motivation, car c’est pas en attendant un contact de sa part qui ne viendra jamais que les choses bougeront. Bon courage!
chukadon
Posté le 17 février 2008 à 11:36Avec « J’irai dormir chez vous », Antoine de Maximy a révolutionné le concept des reportages sur les pays et même avec des pays et des cultures qui me passionnaient moins que d’autres, je me suis passionné pour ses reportages et je me suis intéressé à ces pays alors qu’avec un reportage classique, j’aurais zappé.
Et puis la personnalité d’Antoine, sa sympathie naturelle, sa répartie, sa capacité d’analyse, son respect des gens, et une pointe de toupet parfois sont l’alchimie parfaite pour mener à bien le concept. Emission génialissime, réalisateur génialissime. J’ai acheté toute la collection que je regarde avec bonheur. Super bravo, continuez.
nini5443@orange.fr
Posté le 25 mars 2008 à 11:36Je ne rate aucuns de vos voyages, moi aussi je me suis invitée chez l’habitant en Afrique, alors quand je vois une de vos émissions je ne peux m’empêcher de repenser à ces nuits passées sur une natte, sur une couverture, sur le sol mais pas souvent dans un lit; c’était génial. Vos voyages sont instructifs, vous essayer de comprendre la culture, l’histoire, la vie de chaque pays visité. Bonne continuation à vous et félicitations.