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Le Parc national de Guyane menace les Amérindiens

C’est un paradoxe. Le parc national de Guyane créé le 27 février dernier risque d’accélérer la disparition des Amérindiens du Haut Maroni au lieu d’assurer leur survie. Ces derniers avaient clairement exprimé leur opposition à ce projet s’il ne prévoyait pas de rattacher leurs territoires à la zone « coeur du parc » pour les protéger des dangers de l’orpaillage.

Brigitte Wyngaarde, chef coutumier de Balaté et membre du collectif des Amérindiens du haut Maroni, estime que les Amérindiens ont une fois de plus été trahis. « L’enquête publique n’a finalement pas pris en compte les principales revendications des communautés amérindiennes du haut Maroni. L’orpaillage, un fléau qui sévit depuis plusieurs années en pays wayana, va désormais être légalisé sur leurs terres. Nous constatons amèrement que leurs intérêts et leur survie passent après ceux des orpailleurs et après la protection de l’environnement. »

L’inquiétude grandit pour les Wayana

Francis Dupuy, anthropologue, expert auprès de la mission pour la création du Parc, désavoue le projet dans sa forme ultime : « La création d’un parc dans le sud de la Guyane est en soi une bonne chose. Toutefois, en dépit de toutes les préconisations du comité de pilotage et des nombreuses réclamations exprimées lors de l’enquête publique, le zonage retenu in fine laisse en dehors de la zone de protection tout le secteur du haut Maroni (commune de Maripasoula) où vivent les Amérindiens wayana. Aujourd’hui, l’inquiétude est grande quant à l’avenir de cette communauté. Il faudra tout faire pour que les Wayana, qui n’ont cessé de réclamer l’élargissement de la zone de protection, soient entendus. »

Le Parc national de Guyane concerne cinq communes où vivent quelque 7 000 personnes, et comprend une zone « cœur » de plus de 2 millions d’hectares intégralement protégée, autorisant le maintien des activités de subsistance (chasse, pêche, cueillette) pour les communautés résidentes et s’étend sur une zone de « libre adhésion » de plus de 1,3 million d’hectares où l’exploitation minière, notamment aurifère, sera autorisée.

Plus d’infos sur le site de Survival France


 
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