- Article lu sur http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2008/01/29/le-tourisme-se-met-au-durable_775264_3238.html
Bien sûr, il y a « acheter autrement », « consommer autrement », mais depuis 1995, date à laquelle l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a organisé la première conférence mondiale du tourisme durable à Lanzarote, aux Canaries, plusieurs femmes et hommes de passion et de conviction se sont employés à démontrer qu’il existait aussi la possibilité de « voyager autrement ».
Qu’il soit qualifié d’ »équitable » ou de « solidaire », ce type de tourisme se développe en réaction à un seul constat : peut-on continuer à voyager sans que les pays d’accueil les plus pauvres ne bénéficient des dividendes du voyage ? Peut-on, à l’image du commerce équitable, faire que ce qu’on achète ici profite à ceux qui produisent ? Autrefois, ce type de tourisme était confidentiel et seules quelques associations, à l’image de Croq’Nature par exemple, proposaient une alternative au voyage traditionnel.
Depuis plusieurs années, cette nouvelle façon de voyager est sortie de la confidentialité et n’est plus l’apanage de quelques voyagistes militants ou organismes spécialisés comme le sont Point Afrique ou La Balaguère. Même les grands acteurs du tourisme dit de « masse » s’y intéressent : Accor, Fram, Jet Tours, Nouvelles Frontières ou Asia, pour ne citer qu’eux, ont pris des engagements en matière de tourisme « durable » ou » éthique ». Les guides de voyages ne sont pas restés longtemps à l’écart de cette tendance : Le Petit Fûté a sorti au mois de mars un nouveau guide intitulé Tourisme solidaire.
Un guide qui définit les enjeux d’un tel tourisme et qui recense les associations, les organisations non gouvernementales (ONG) et les voyagistes qui aideront les futurs touristes à franchir le pas. Car le tourisme durable, selon les chiffres les plus optimistes, ne représente que 2 % à 3 % de la consommation touristique mondiale.
Le poids et les enjeux du tourisme sont à la fois considérables et souvent méconnus. Le tourisme est la première industrie mondiale avec des recettes frisant les 485 milliards d’euros en 2004, selon les chiffres de l’OMT, des recettes qui représentent 12 % du produit intérieur brut (PIB) de la planète. En 2020, pas moins de 1,6 milliard de touristes sillonneront le monde, alors qu’ils n’étaient que 592 millions il y a dix ans. C’est aussi une activité qui, selon la Banque mondiale, procure 10 % des devises des pays en voie de développement et qui donnerait à travers le monde du travail de 5 % à 15 % de la population. Il ne faut pas perdre de vue que pratiquement seul le Nord et ses entreprises profitent de la manne. Une manne qui a permis à de nombreux pays pauvres du Sud de franchir la première étape de développement.
Le mouvement du tourisme solidaire se consolide de toute part : du 23 au 27 mars s’est tenu le 2e Forum international du tourisme solidaire et du commerce équitable (FITS), au Chiapas (sud-est du Mexique). Il a réuni les acteurs du Nord et du Sud pour tenter de fédérer ces nouvelles formes de solidarité. « Loin d’être une utopie, l’offre solidaire existe réellement, même si elle reste peu visible en France, pays qui accuse un malheureux retard en la matière », relève Céline Magnin, qui a rédigé le guide Tourisme solidaire.
En dépit de ce retard, les initiatives se multiplient. Mais, déplorent de vieux routiers du tourisme équitable, les actions menées sont parfois maladroites. Jean-Luc Gantheil, directeur de Croq’Nature et pionnier de ce type de tourisme, a bondi de son siège à la diffusion d’un reportage télévisé sur le tourisme solidaire dans lequel on voyait l’un des voyageurs apporter une machine à coudre dans un village pour le tailleur local. « Ce tourisme équitable, proteste-t-il, ne doit pas s’apparenter à de l’humanitaire. C’est tout sauf cela. Les voyageurs ne sont pas là pour jouer au Père Noël pendant une semaine . » A cette méthode, il préfère celle prônée par Croq’Nature et par d’autres adhérents de l’Union nationale des associations de tourisme et plein air (UNAT), des projets structurants. Jean-Luc Gantheil préfère ainsi prélever 6 % du prix du voyage et le réinvestir dans une caisse de développement local.
En 2005, Croq’Nature a ainsi collecté 50 000 euros, et en douze années d’existence, ce sont 340 000 euros qui ont été affectés en Algérie, au Maroc, au Mali, en Mauritanie et au Niger, à trois principaux postes : la scolarisation, le forage des puits dans les zones sahariennes et la création de postes de santé avec la formation d’infirmiers.
Simulation pret auto - Crédit auto
Posté le 25 décembre 2009 à 0:29Vraiment bien! J’adore voyager et c’est la premiere fois que j’entend parler du tourisme durable. Merci pour l’article.
rachatcreditsurendettement
Posté le 10 novembre 2010 à 21:38C’est hallucinant la quantité d’argent qui circule de nos jours avec le tourisme!