Les bateliers de La Malène perpétuent la tradition de la navigation à la barque sur le Tarn. Une activité saisonnière qui leur permet de rester vivre sur leur terre, tout en partageant avec les visiteurs de passage leur amour de la Lozère.
À près de 3/4 d’heure de route de Florac, au cœur du département de la Lozère, le petit village de La Malène est le point de départ des derniers bateliers. Pour le rejoindre, il faut emprunter une route étroite et sinueuse qui longe le Tarn, unique voie de circulation jusqu’à la construction de la route en 1905.
Ils sont dix, réunis au sein d’une SCOP, à perpétuer cette tradition de la barque, moyen de communication le plus ancien des Gorges du Tarn. Gilles, ancien cuisinier, fils et petit-fils de batelier comme la plupart de ses collègues, a laissé tomber ses fourneaux après quelques années d’activité pour revenir s’installer « au pays » et vivre au plus près de la nature.
Tous les jours de la saison touristique, durant une heure, il partage avec ses équipiers les secrets de cette rivière qu’il connaît par cœur. Barbillons, goujons, vairons, chevesnes, vandoises, hérons cendrés, cincles plongeurs : rien n’échappe à son œil affûté ; et surtout pas la truite fario, très prisée des pêcheurs, qui rapide comme l’éclair, file en deux trois coups de nageoire se réfugier sous les roches bordant les berges. Gilles raconte son pays, la rudesse des hivers et de la vie d’autrefois, la beauté de cette nature encore préservée qu’il ne se lasse pas d’admirer, la chance de pouvoir grâce à cette activité touristique, vivre chez lui, au cœur de ces terres qui l’ont vu naître. Une chance car « sans activité, il est difficile de maintenir les jeunes qui partent ailleurs trouver du travail », regrette-t-il.
Conscients qu’ils vivent en partie grâce à cette nature généreuse, les bateliers sont attentifs à sa protection et adhèrent à l’association Cévennes Ecotourisme.
La barque, autrefois en bois, est l’une des plus vieilles entreprises de la région. Le début de l’activité commence en 1890 avec les hôteliers. En 1952, un accident pousse hôteliers et bateliers à s’organiser. George Dumas crée alors une SCOP, une société coopérative ouvrière de production. À l’époque, les bateliers qui travaillent essentiellement de juin à septembre, descendent et remontent le Tarn à la perche, lorsqu’il y a beaucoup d’eau. Ce trajet de retour, très physique, prend deux à trois heures. Lorsqu’il n’y a pas assez d’eau, ce sont les chevaux et les mulets qui prennent le relais.
Comme autrefois, les bateliers d’aujourd’hui sont encore pluriactifs, mêlant barque, agriculture, location de gîtes et de meublés. Mais la SCOP leur permet d’être salarié les douze mois de l’année.
Entre deux explications, Gilles signale un barbeau, poisson commun qui peut peser jusqu’à six kilos, ou un héron cendré qui prend son envol. Tout au long des huit kilomètres du parcours, la barque croise des pêcheurs passionnés. Car si la pêche au filet a pris fin en 1977, le Tarn, cours d’eau de première catégorie, abrite encore du poisson sauvage que les amateurs convoitent en toute légalité*.

Bientôt le hameau de La Croze dessine ses maisons au toit de lauze, ces pierres taillées sur mesure utilisées pour les couvertures. « Les toitures peuvent atteindre 500 kg/m2 », explique Gilles.
Les prunus en fleurs confèrent un charme fou à ce petit village inhabité une bonne partie de l’année et accessible uniquement par barque puisque situé sur la rive gauche. « La Croze, Hauterives et La Sablière témoignent encore du temps où la barque était l’unique moyen de communication, indique le batelier. Autrefois, c’était les pauvres gens qui vivaient ici ». Aujourd’hui, ces villages ont été rachetés par quelques privilégiés – parfois une même famille – qui viennent y séjourner lors des vacances.
La barque continue sa route vers le défilé des détroits qui vante la région sur les cartes postales. De hautes falaises de 40 à 60 mètres forment un majestueux canyon encadrant le lacet vert du Tarn sur lequel veille un couple statufié, curiosité géologique qui excite l’imagination des petits et des grands.
Du 20 juin au 20 septembre, elles sont illuminées et offrent un magnifique spectacle gratuit. Un de plus dans cette région méconnue qui recèle pourtant d’innombrables richesses.
*Cependant, la commercialisation des produits de la pêche n’est pas autorisée.
PRATIQUE
La descente du Tarn avec les bateliers se fait sur réservation : 04 66 48 51 10 de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h.
En pleine saison (de juin à septembre), de 9h à 18 h.
Pour un séjour respectueux, contactez l’association Cévennes Ecotourisme qui réunit quelque 70 prestataires, allant des hébergements aux activités sportives en passant par les restaurants et les producteurs agricoles. Tél. : 04 66 45 12 44
www.cevennes-ecotourisme.com
Modestine
Posté le 5 mai 2009 à 17:26Les Cévennes, un lieu magique pour ses vacances !
Que ce soit au fil de l’eau avec les bateliers ou dans les montagnes escarpées et sauvages ! Un lieu authentique, préservé et loin des foules. Bref un vrai moment de bonheur dans une région qui vaut le détour. Pour préparer vos vacances ou votre séjour, vous pouvez aussi consulter le site Cévennes Tourisme sur : http://www.cevennes-tourisme.fr
A très bientôt dans les Cévennes !
Modestine