Le rugby passe au « vert » en France. Déplacements en train plutôt qu’en avion, stade au toit solaire, produits du commerce équitable: la Coupe du monde de rugby 2007 sera « le premier événement mondial éco-responsable », s’est félicité mardi le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo.
Dans l’enceinte du Stade de France, M. Borloo, sa secrétaire d’État Nathalie Kosciusko-Morizet et la ministre des Sports, Roselyne Bachelot, ont présenté les différentes démarches entreprises en collaboration avec la Fédération française de rugby pour faire de cette compétition un exemple de sensibilisation au développement durable.
Ce Mondial de rugby, organisé en France du 7 septembre au 20 octobre, est « le premier événement mondial éco-responsable sur les émissions de CO2, les déchets et sur toute la conception », a souligné M. Borloo. En relation avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), le Comité d’organisation a établi un bilan « carbone » permettant d’évaluer les impacts de la compétition sur l’environnement (570 000 tonnes équivalent CO2), une première pour un événement sportif.
On sait ainsi que la totalité des matches engendrera 778 tonnes de déchets dans les stades et une consommation d’énergie de 4,7 millions de kWh.
Partant de ce constat, des actions concrètes ont été décidées par le Comité d’organisation, qui a donné la priorité aux déplacements en train et à une utilisation de biocarburants.
Plus engagé, le stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne a installé des panneaux solaires qui pourront produire jusqu’à 200 000 kWh, soit la plus grande installation publique en France métropolitaine.
Les dix villes hôtesses de la compétition en France ont effectué un diagnostic `énergie’ pour diminuer leur consommation et promouvoir les énergies renouvelables. La collecte sélective des déchets sera particulièrement poussée à Marseille et une buvette commerce équitable mise en place à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet.
Enfin, un passeport de l’éco-supporter, parrainé par Raphaël Ibanez, le capitaine des Bleus, présente « les dix gestes pour gagner », illustrés par des photos mettant en scène des joueurs français dans des gestes du quotidien.
Sur la pelouse du Stade de France, le ministre de l’Écologie a tenu à féliciter la FFR, « première fédération à s’être associée à la Fondation Nicolas-Hulot, au ministère et à l’ADEME ».
L’ancien capitaine du XV de France Jean-François Tordo, ambassadeur du programme environnement de la Coupe du monde de rugby, a expliqué que « le monde du sport amène sa pierre à l’édifice », avec ce Mondial pour « beau vecteur ». « Tous les joueurs sont très sensibles à l’environnement, avec certains qui se sont investis personnellement », comme Raphaël Ibanez ou Fabien Pellous.
Roselyne Bachelot a souhaité que d’autres fédérations sportives s’engagent dans le développement durable, Jean-Louis Borloo appelant même à ce que « tous les événements culturels (150 000 par an) et sportifs (100 000) français soient éco-responsables ».
« On voudrait faire en sorte que, d’ici à quelques années, ce soit complètement ringard, `out’, d’organiser un événement sportif ou culturel sans se poser la question de l’impact sur l’environnement », a conclu Nathalie Kosciusko-Morizet.
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