// Définition Tourisme durable / Tourisme responsable / Tourisme éthique

Définition Tourisme durable / Tourisme responsable / Tourisme éthique

Sustainable tourism / responsible travel (anglais), eltenebla turismo / turismo responsabile (italien)

Le tourisme durable et le tourisme responsable sont des termes équivalents désignant l’application des principes du développement durable au tourisme. Ces termes chapeaux englobent nombre de formes de tourisme alternatif. La notion de tourisme durable reprend les trois concepts piliers du développement durable, à savoir les aspects environnementaux, sociaux et économiques de la vie en société, adaptés à ce secteur particulier.

Naissance d’un concept

Le terme de développement durable n’apparaît qu’en 1980, mais la réflexion sur les impacts du développement et de la croissance économique était déjà engagée depuis une décennie, notamment avec la publication en 1972 du Rapport Meadows (« Halte à la croissance ») du Club de Rome. Le concept de développement durable met toutefois du temps à être accepté. Une nouvelle définition est donnée en 1987 dans le Rapport Brundtland, puis en 1992 le sommet de la Terre à Rio de Janeiro permet enfin au grand public de découvrir le concept.

Vers un tourisme plus durable et responsable

Le terme de tourisme durable apparaît pour la première fois en 1993 dans un guide publié par l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme) et le PNUE : Guide à l’intention des autorités locales – développement durable du tourisme. L’ouvrage présente les concepts et les techniques de la planification et du développement du tourisme ainsi que la gestion de son impact sur l’environnement et de ses effets socioéconomiques au niveau local. Il indique que « l’environnement est la base des ressources naturelles et culturelles qui attirent les touristes. Par conséquent, la protection de l’environnement est essentielle pour un succès à long terme du tourisme. »

1995 : Charte du tourisme durable

En 1995, l’OMT se réunie à Lanzarote (îles Canaries) avec l’Unesco, le PNUE et la Commission européenne. A l »issue de cette rencontre, une Charte du tourisme durable est publiée et donne une première définition précise de ce concept. Elle rappelle que « le tourisme, de par son caractère ambivalent, puisqu’il peut contribuer de manière positive au développement socio-économique et culturel, mais aussi à la détérioration de l’environnement et à la perte de l’identité locale, doit être abordé dans une perspective globale. » Selon l’OMT, le tourisme « doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales« .

Lire la Charte :
http://www.comite21.org/docs/economie/axes-de-travail/tourisme/charte-lanzarote.pdf

1998 : Charte européenne du tourisme durable dans les espaces protégés

La Fédération EUROPARC, organisation paneuropéenne et non gouvernementale des espaces protégés en Europe, confie à la Fédération des Parcs naturels régionaux de France l’élaboration d’une nouvelle charte. La Charte européenne pour le tourisme durable dans les espaces protégés est publiée en 1998. Elle reprend les principes de la charte mondiale de 1955 et définit plus particulièrement les responsabilités des gestionnaires et entreprises touristiques au sein d’espaces protégés. L’adhésion à cette charte est volontaire et engage les signataires à mettre en œuvre une stratégie locale en faveur d’un « tourisme durable », défini comme étant « Toute forme de développement, aménagement ou activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales, et contribue de manière positive et équitable au développement économique et à l’épanouissement des individus qui vivent, travaillent ou séjournent dans les espaces protégés« .

Lire la Charte :
http://www.parc-naturel-perche.fr/iso_album/charte_europeenne_tourisme_durable.pdf

1999 : Code mondial d’éthique du tourisme

En 1999, l’OMT publie un nouveau document : le Code mondial d’éthique du tourisme (CMET). Il s’inspire largement de la Charte mondiale de 1995 et énonce en 10 articles les règles que doivent respecter aussi bien les gouvernements que les acteurs du tourisme (voyagistes, transporteurs, structures d’hébergement…). Il s’attache surtout à ce que les activités touristiques profitent au maximum aux pays d’accueil et à ce que les impacts néfastes sur l’environnement et les populations soient minimisés.

Lire le Code (en anglais) : http://www.unwto.org/ethics/index.php

2004 : Révision de la Charte du tourisme durable

L’OMT réactualise en 2004 la définition du tourisme durable :

« Les principes directeurs du développement durable et les pratiques de gestion durable du tourisme sont applicables à toutes les formes de tourisme dans tous les types de destination, y compris au tourisme de masse et aux divers créneaux touristiques. Les principes de durabilité concernent les aspects environnemental, économique et socioculturel du développement du tourisme. Pour garantir sur le long terme la durabilité de ce dernier, il faut parvenir au bon équilibre entre ces trois aspects.

Par conséquent, le tourisme durable doit :
1. exploiter de façon optimum les ressources de l’environnement qui constituent un élément clé de la mise en valeur touristique, en préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité ;
2. respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil, conserver leurs atouts culturels bâti et vivant et leurs valeurs traditionnelles et contribuer à l’entente et à la tolérance interculturelles ;
3. assurer une activité économique viable sur le long terme offrant à toutes les parties prenantes des avantages socioéconomiques équitablement répartis, notamment des emplois stables, des possibilités de bénéfices et des services sociaux pour les communautés d’accueil, et contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté.
 »

Le label ATR (Agir pour un Tourisme Responsable)

Certification ATR (Agir pour un Tourisme Responsable)En 2004, plusieurs opérateurs de tourisme français se regroupent et créent l’Association des Tour-opérateurs Thématiques (ATT). Leur objectif est de formaliser les pratiques en matière de tourisme avec des valeurs communes basées sur le respect, la solidarité et la qualité. Ils publient la Charte Éthique du Voyageur qui s’inspire des principes du CMET et mettent en place la certification Agir pour un Tourisme Responsable (ATR).

Les grands objectifs du label ATR :
- encourager le développement d’un tourisme qualitatif pour une découverte authentique des régions d’accueil ;
- veiller à ce que les retombées économiques soient le plus justement réparti entre les acteurs du voyage ;
- respecter les usages et différences culturelles des régions d’accueil ;
- respecter l’environnement et le patrimoine culturel et naturel ;
- informer de façon transparente et sincère.

La certification ATR est délivrée par l’organisme AFNOR après contrôle du respect de la Charte. Les structures certifiées s’engagent sur quatre grands points :
1. Fournir au client une information claire et le sensibiliser au tourisme responsable : avant chaque départ le tour-opérateur remet aux clients la Charte Ethique du Voyageur. Sa diffusion est une des conditions parmi beaucoup d’autres pour obtenir la certification. Cette Charte a une vocation pédagogique (conseils, comportements et attitudes à encourager pour respecter les cultures, les modes de vie et l’environnement des pays visités).
2. Accompagner le client sur le lieu de destination selon l’esprit tourisme responsable : par exemple, en limitant volontairement les groupes à 15 personnes pour les voyages d’aventure et à 25 pour les voyages culturels.
3. Sélectionner les prestataires locaux selon l’esprit ATR et renforcer la qualité des relations avec eux à travers, des engagements contractuels sur la base d’une relation durable et la réalisation de fiches destinations.
4. Engagements du voyagiste pour sa propre structure (former le personnel selon l’esprit tourisme responsable, appliquer une politique de gestion environnementale au sein de son entreprise, soutenir activement et financièrement le développement des populations locales…).

Les membres fondateurs du réseau ATR : Atalante, Allibert, Chamina, La Balaguère, Terres d’Aventure.

Ressources :

Site de l’OMT (en français) : http://www.unwto.org/index_f.php
Site du réseau ATR :
http://www.tourisme-responsable.org/

Définitions

Glossaire et définitions du tourisme durable

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