Vous avez dit « Greeters » ?
Ils sont 40 à Nantes, 50 à Marseille, 75 à Lyon et 150 à Paris pour 3000 postulants en attente. De quoi ? D’être admis au sein de l’équipe officielle des greeters locaux, ces bénévoles qui proposent au visiteur de passage de lui faire découvrir leur ville, leurs bons coins et leurs adresses persos. Tout a commencé en 2007 lorsque Sylvie Huron s’en revient de New York emballée par l’expérience du greeting qu’elle y a découvert et décide de lancer ce mode d’accueil en France. Avec quelques amis, elle crée un mini site internet en se disant « on est dingue ! Ça ne marchera jamais ». Bien au contraire, les internautes accrochent et, très rapidement, de deux visites par mois, l’équipe nantaise passe à plusieurs dizaines, puis centaines de guidages personnalisés. Les autres villes entrent alors en contact avec la jeune femme et le phénomène « Greeters », déjà présent dans sept pays, aborde en France en 2009 sa phase « effet boule de neige ».
Il faut dire que les avantages du greeting sont évidents : gratuit et convivial, ce mode d’accueil est avant tout personnalisé à l’extrême ; le guide comme le programme étant choisis avant la venue du visiteur en fonction des centres d’intérêt personnels de celui-ci. Enfin, il y a cette dimension essentielle de la rencontre qui effectue un véritable retour en force dans nos modes de vie depuis l’avènement des réseaux virtuels. Car le greeting fonctionne sur les mêmes principes que les réseaux d’hébergements gratuits qui l’ont précédé (Coachsurfing, Hospitality club, etc.) lesquels réseaux comptent déjà plusieurs millions de pratiquants dans le monde. Il en est même le dérivé direct : « Le greeting, explique Sylvie Huron, c’est le réseau d’hospitalité sans l’hébergement ; simplement le plaisir de la rencontre et du partage. Bien sûr, cela réclame un vrai travail de préparation, mais tous les greeters vous le diront : les surprises liées à chaque guidage et la joie d’un visiteur comblé constituent un salaire fabuleux ».
Préparée avant sur le réseau social local qui relie entre eux les greeters (qui se réunissent, échangent, festoient, etc.), chaque visite est ensuite débrieffée au moyen de la fiche retour remplie par le visiteur. On peut être bénévoles, on n’en est pas moins pro. D’autant que le greeting, excellent pour les territoires en termes d’image, est généralement soutenu par les OT et CDT dont un certain nombre d’employés sont eux-mêmes greeters passionnés. Subventions, appui logistique, formation, le greeting est ainsi devenu l’un des axes majeurs de la politique touristique du Pas de Calais, grande campagne de recrutement auprès des habitants à l’appui (« C’est vous qui en parlez le mieux »). Lyon, qui envisage l’affaire avec le même sérieux que celle des « Ambassadeurs » (3500 ambassadeurs dans cette ville, une véritable force commerciale !) propose du greeting en neuf langues dont le japonais, le russe et la langue des signes… A l’heure où les valeurs humanistes portées par le tourisme durable ont le vent en poupe, le greeting, authentique et affinitaire, semble donc avoir un bel avenir devant lui.
Jérôme Bourgine
Crédits photos http://www.parisiendunjour.fr/
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